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mercredi, novembre 15, 2006
MUSIQUEZ-
VOUS

DIASPORABLOGJ VOUS RECOMMANDE
LE GROUPE AZAD

CONCERT LE DIMANCHE 26 novembre à 16h 30
aux 7 LEZARDS*

Le groupe Azad est, à ce jour, l'une des meilleures formations de musique Klezmer en France. Ce groupe réunit des musiciens de divers horizons et de différentes cultures, autour de la personnalité de la clarinettiste Claudine Movsessian. La musique Klezmer sert de point de rencontre où convergent la musique arménienne, la musique des Balkans, la musique du contour méditerranéen. Un vaste survol de cette musique, à travers des mélodies et des ballades raffinées aux sons fluides, qui savent toucher notre sensibilité la plus profonde. Claudine Movsessian redonne de l'harmonie et de l'esthétique à cette musique de tradition et chargée d'histoire.

Pour Diasporablogj, Claudine Movsessian parle de son parcours exceptionnel :

"J'ai toujours voulu pratiquer la musique depuis ma petite enfance, mais mes parents ne voulaient pas et désiraient que je fasse des études . Pour ma grand-mère le métier de musicien était un déshonneur pour la famille. Elle disait " Comment, tu vas faire le troubadour de ville en ville ? C'est un statut de mendiant!"

"Je n'ai pu commencer la musique que très tard, en 6ème grâce à mon professeur de musique du lycée Lamartine qui demandait à tous les élèves de pratiquer la flûte à bec. Pour moi, jouer de n'importe quel instrument de musique était de la magie. Je prenais donc ma flûte chaque soir et j'écoutais les publicités ou les génériques des émissions de télévision, avant que mes parents ne soient de retour, en essayant de reproduire avec ma flûte les airs que j'entendais, puis je les notais comme je pouvais sur une feuille de papier, ou je dessinais des portées. "

"En 4ème , mon professeur de musique, Pierrette GERMAIN, organise un concert avec un orchestre de flûtes à bec et un piano, interprétant "Petrouchka" d'Igor Stravinsky, et réunissant toute la classe. Beaucoup de mes camarades se désistèrent au dernier moment. Je me suis retrouvée à jouer pratiquement tous les thèmes de flûte à bec .A l'issue du concert, ce professeur convoque ma mère et lui dit que j'ai un don pour la musique et recommande que je commence par pratiquer un instrument. De préférence un instrument à vent, car pour le violon ou le piano, il fallait débuter plus tôt. "

"L'année suivante, ma mère m'inscrivit au conservatoire en classe de clarinette. J'ai choisi la clarinette en écoutant en classe la SYMPHONIE FANTASTIQUE d'Hector Berlioz. Dans cette oeuvre, beaucoup de caractères et de couleurs différentes sont exprimées par la clarinette. Berlioz disait d'ailleurs dans son traité d'orchestration :"la clarinette reflète l'âme humaine". Dans mon lycée, j'ai eu la chance que se crée la section f11 techniciens de la musique en liaison avec le CNR de Paris. J'ai été admise sur concours en flûte à bec : j'ai joué une sonate de Haendel. "

"Pour moi ces trois années au lycée étaient une chance inespérée de rattraper mon retard d'apprentissage musical. Il y avait une excellente ambiance entre les élèves. Nous avions des cours d'histoire de la musique, de l'analyse musicale, du solfège, musique de chambre, déchiffrage, plus mes deux instruments, flûte à bec et clarinette. Je pris également, à partir de la seconde, des cours particuliers de piano avec Myriam Birger (dont la mère était une amie de la famille ). Au CNR, je n'avais pas le droit de pratiquer un troisième instrument. "

"J'ai obtenu mon bac f11. A mon grand étonnement ainsi qu'à celui de mon professeur d'histoire de la musique, mon professeur de clarinette me fait savoir que je n'ai aucun don pour cet instrument et que de toute façon les femmes n'ont aucune chance de faire carrière dans ce domaine. "

"Pour faire plaisir à mon père, je m'inscrivis à la Sorbonne en cours de musicologie tout en prenant des cours au Conservatoire du XIIème à Paris, avec un clarinettiste que j'ai choisi après avoir écouté sur France Musique, l'un de ses enregistrements, un concerto de Weber. Il s'agit de Maître Guy DEPLUS, soliste à l'Opéra de Paris et professeur au CNSM Paris. " (cliquez sur le lien pour lire la biographie de Maître DEPLUS).

(Pour visionnner un extrait vidéo de la master class Me DEPLUS, cliquez ici Video Master class )

"A 19 ans je rentre au CNSM Paris en classe d'histoire de la musique niveau supérieur devant des agrégés! "

Lorsque j'étais en licence à la Sorbonne, un professeur organise un concours de composition pour un échange avec une université de Londres, je compose une pièce pour clarinette et je suis enfin selectionnée.

A l'issue du concert de selection, une chanteuse prend contact avec moi, pour monter un groupe autour d'oeuvres pour voix et clarinette, tous styles. Elle me fait découvrir des disques de musiques traditionnelles, dont les chansons Yiddish.
A cette époque, ce qui m'intéressait, c'était la notion d'arrangement écrit ou non, l'improvisation et la composition. Je suivais aussi des classes d'écriture : harmonie, analyse. Lorsque j'ai voulu suivre des cours de composition : j'ai fait écouté mes pièces, qui étaient d'écriture contemporaine, et mon professeurd'harmonie m'a dit que j'avais déjà un style très personnel et que par conséquent je n'avais pas besoin de cours. J'avais beaucoup de mal à comprendre cette opinion. C'est cette chanteuse qui m'a recommandée de protéger, au plus vite, mes oeuvres à la SACEM et à continuer à composer.

Ce qui m'intéressait le plus à l'époque et ce que m'intéresse le plus aujourd'hui encore, c'est de jouer de la clarinette sur scène (comme un comédien capable de tout interpréter), peu importe le répertoire, à partir du moment ou il existe un aspect qualitatif et esthétique...

J'ai beaucoup appris avec Didier DELETTRE, qui est, selon moi, un excellent pédagogue. J'ai fait des études de clarinette, en parallèle. Ce qui me sauvait le mental, c'était de jouer 1 ou 2 fois par semaine, des duos ou des trios en répertoire classique et en musique contemporaine. Ce qui me passionnait le plus, c'était la richesse des possibilités qu'offre le répertoire contemporain et c'est par la musique contemporaine que j'ai rencontré des compositeurs étrangers qui, chacun, à tour de rôle, m'ont fait découvrir les musiques traditionnelles de leur pays et me faisaient rencontrer des musiciens autodidactes qui jouaient réellement d'oreille, ces musiques. Je prenais plaisir à improviser avec eux dans le cadre de fêtes.

Des groupes avec les quels j'ai réalisé les disques traditionnels, le premier était le Black Yiddish trio avec Pierre CLEITMAN . J'appréciais beaucoup chez lui, l'émotion qu'il dégageait et l'art de la scène qu'il possédait, ensuite, le groupe AZAD, à géométrie variable, dont tous les musiciens sont compositeurs, chacun venant d'un horizon musical différent et je pense que c'est ce qui est intéressant. Nous avons réalisé deux CD de musique KLEZMER, et c'est plutôt ce programme que je cherche à défendre.
Musicalement et géographiquement, il y a une variété de styles musicaux alliée à une certaine spiritualité juive. Dans le cadre de l'année de l'Arménie, nous avons décidé de monter un programme de musique traditionnelle Arménienne avec le groupe AZAD. J'avais beaucoup de réticences au début, car cette musique est belle, mais très triste. Je conservais en mémoire les mélodies lentes interminables qui illustraient toujours les commémorations du génocide. Je n'avais pas très envie de jouer cette musique. Nous avons, par conséquent, fait des recherches et interprété les thèmes en ajoutant une part de festivité, présente également dans la musique Klezmer et Grecque , en improvisant beaucoup tout en faisant des recherches sur le son en rapport avec le jazz et les musiques improvisées. Au lycée déjà, j'avais constitué un groupe fusion jazz/chanson française/rock.

En résumé, je pense que tous les styles de musique sont intéressants, mais la difficulté est de trouver des musiciens avec qui l'échange artistique est possible. C'est souvent une question de relations humaines comme dans toute autre équipe .

Claudine MOVSESSIAN
posted by Bernard Koch @ 11/15/2006

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