PETITE ANTHOLOGIE DU KLEZMER

(texte de Yaël ZAZAC)

Une musique festive aux inflexions nostalgiques.
Musique de fête aux accents yiddish , le klezmer se transmet de génération en génération depuis le Moyen-âge. Caractérisée par des variations de rythme et de tempo, des dissonances et une part d'improvisation, cette musique exprime une émotion à la fois nostalgique et joyeuse grâce aux sons du violon et de la clarinette. Elle s'approche de la voix humaine à travers une expression instrumentale flexible, vive et nuancée.

DE L'EUROPE DE L'EST A L'AMERIQUE

La musique klezmer est entraînante et invite à danser. Au Moyen-Age, les klezmorim (musciens juifs) parcourent les villages d'Europe de l'Est pour y animer mariages et fêtes. Peu considérés (ils sont en bas de l'échelle sociale), ils sont pourtant très attendus car ils amènent des nouvelles des shtetl (villages) voisins. Certains d'entre eux se rendent même très loin, dépassant les frontières de leur pays.

Au 19ème siècle, la musique klezmer s'ouvre à d'autres styles musicaux. Imprégnée de thèmes liturgiques et hassidiques, elle subit l'influence des musiques traditionnelles d'Europre centrale et orientale (russe, roumaine, ukrainienne, lituanienne, hongroise, grecque, ottomane et surtout tzigane). Elle évolue également grâce à l'introduction, vers 1860, de la clarinette dans les orchestres. Cet instrument, aujourd'hui emblématique de cette musique au même titre que le violon, n'a pas de lien avec le folklore des pays traversés mais avec les fanfares militaires fréquentées par certains musiciens juifs.

A la fin du 19ème siècle, les Juifs d'Europe de l'Est subissent persécutions et famine alors que la culture yiddish - en particulier le théâtre et la musique - est à son apogée. Fuyant les pogroms, plus d'1,5 million d'entre eux s'installent aux Etats-Unis. Dès les années 1910, la musique klezmer commence à y être enregistrée avant de connaître une réel succès commercial dans les années 1920 avec des musiciens comme Naftule Brandwein ou Dave Tarras.

DU JAZZ AU RENOUVEAU

Avec la crise de 1929 et la mise en place de quotas d'immigration débutent quarante années de silence.
De nombreux musiciens issus du klezmer tels que Benny Goodman ou Artie Show se mettent au jazz, peut-être plus lucratif. Le style klezmer, très expressionniste, n'étant pas si éloigné de cette musique en plein essor, la pratique de la clarinette permet aux musiciens juifs de participer, dans l'entre deux-guerre et les années 50, à des mouvements jazz de diverses natures (Chicago, swing et West Coast, etc.). Les styles musicaux s'enrichissement alors mutuellement.

Un renouveau de la musique klezmer aux Etats-Unis et dans le monde débute à partir des années 1970. Des musiciens venus d'horizons variés (classique, jazz, folk, pop, etc.) comme Giora Feidman, Zev Feldman, Andy Statman, Henry Sapoznik (groupe Kapelye) ou Lev Liberman (The Klezmorim), juifs, pour la plupart, mais pas uniquement, se produisent sur scène et sur disque.

Depuis, de nouveaux artistes américains, en majorité, participent à l'essor de cette musique avec des styles variés. Leurs influences viennent du jazz (Brave Old World, John Zorn, David Krakauer…), du rock
(The Klezmatics, Avi Piamenta…) ou des musiques ethniques (Pharaon's Daughter, Bustan Abraham...). L'Europe compte également plusieurs groupes aux couleurs nuancées comme les groupes français Klezmer Nova (tendance jazz), Le Grand Klezmer (plus traditionnel) ou, depuis 1997, Azad (emprunt de sonorités d'Europe orientale).

Pour avoir plus de détails sur l'historique de la musique klezmer, vous pouvez vous rendre sur le site de Michel BORZYKOWSKI : http://borzykowski.users.ch/MCKlezmer.htm

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